“Etre mystique c’est aussi lorsqu’on est à la cuisine” disait Thérèse d’Avila. Il n’y a pas un au-delà radicalement séparé de ce que nous vivons. C’est en écoutant Michel Cazenave, que j’ai mieux perçu ce qui se passe dans ma cuisine ; régulièrement lorsque j’ai besoin de réfléchir, j’épluche des légumes. Le mouvement répétitif, lent, régulier du couteau a un effet bénéfique sur mes idées.
Après de nombreuses années passées à nourrir ma famille, j’ai identifié la cuisine comme un lieu propice la mise en lumière de ma réflexion et j’y vis parfois des instants de grâce, oui oui de “grâce” alors que je suis tout sauf “mystique”. Quoiqu’il en soit, Cazenave est parvenu en deux heures de temps à me faire reconsidérer la signification de ce mot dont j’imaginais jusqu’à présent qu’il ne pouvait s’utiliser que pour désigner des états hors du commun, plutôt dans un contexte religieux ou à minima spirituel. Oui, la spiritualité c’est aussi en épluchant des carottes que je la vis car “l’éternité, peut se découvrir juste dans l’illumination d’un moment”.
copyright photo : Stephen Ausmus
Ah… Quelles bonnes carottes !
Je suis complètement d’accord avec toi sur “l’efficacité” de l’épluchage de légumes pour libérer la réflexion. Le tricot peut avoir, chez moi, ce type de vertu. :-)